Témoignages

Mohamed Hajoubi, grutier grimpant.

Mohamed Hajoubi

S’il est des postes clés sur un chantier, celui-là en fait partie!

« Le chantier commence le matin avec la grue, et s’il n’y a pas de grue, il n’y a pas de chantier », résume Mohamed Hajoubi, 55 ans, embauché chez Sogea Bretagne en 2004, et grutier depuis plus de 25 ans. Et c’est la pure vérité : du haut de son engin, c’est lui qui distribue les prédalles et les escaliers en béton, les ferraillages, ou encore les banches, en un mot tout ce qui est lourd, partout où le chantier les demande.
Grutier ? Un métier qui demande des aptitudes particulières, car il faut pouvoir grimper deux fois par jour à 50 m de hauteur, ce qui demande non seulement une bonne condition physique, mais aussi une insensibilité totale au vertige. Il faut aussi avoir le cœur bien accroché, car les lourdes charges font plier la flèche de 70 m de longueur, et peuvent faire pencher la cabine jusqu’à 1,50 m de son axe...
Le grutier n’a qu’un ennemi déclaré : le vent. Les jours où sa force dépasse les normes autorisées, le responsable du chantier interdit son fonctionnement, et Mohamed Hajoubi reste à terre. Ce sont pour lui des journées déprimantes : « Je préfère mille fois être là-haut qu’en bas », déclare-t-il tout sourire dehors. Là-haut, c’est le confort : le chauffage pendant l’hiver, et même l’essuie-glace pour garder une vision bien nette du chantier, même sous la pluie. En plein ciel, il a pour compagnons le soleil, le vent et les oiseaux qui se posent, et vont parfois jusqu’à nicher dans la structure métallique.
Mais le temps de rêver est bien court : la communication radio est permanente avec le sol, de même que la rotation des camions, qu’il faut décharger sans relâche pour respecter le planning du chantier.

 

Alain Le Brusq, le "lustre commercial" de Lorient.

Alain Le Brusq

Le Président de l'Association des commerçants lorientais, attend l'ouverture prochaine de l'espace Nayel avec impatience!

Le commerce lorientais a traversé, ces dernières années, une période difficile, due à une crise économique larvée qui touche tout le pays, et à un grand nombre de travaux d’aménagement, qui sont un mal nécessaire, mais ont pénalisé le centre-ville.
"L’Espace Nayel sera le premier centre commercial de Lorient et sa région, il s’agit donc d’une innovation, et d’une opportunité pour la ville."
En effet l’Espace Nayel va complètement changer la donne. Alain Le Brusq constate que l’ouverture d’enseignes leaders et nouvelles à Lorient comme Monoprix, C & A, H & M et Zara, qui se trouvaient à une heure et demie ou deux heures de voiture de la ville, va attirer de nouveaux chalands venus de toute la région, de Pontivy, de Vannes, d’Auray...
Le Président de l'Association des commerçants lorientais tiens également à améliorer l'accessibilité du site: " Les aménagements extérieurs du centre commercial vont être rénovés, et les sous-sols vont accueillir 330 places de parking public, ce qui est une excellente chose." Mais il faudra aussi poser la question du stationnement en centre-ville, car les Lorientais ont l’habitude de se garer devant leur commerce préféré, ce qui engorge les rues et empêche la rotation du stationnement."

 

Un homme, un métier. Vincent Baert, fondu de fondations

Vincent Baert

Salarié de Botte Fondations, une filiale de VINCI Construction, Vincent Baert est, à 26 ans, assistant conducteur de travaux chargé des « fondations profondes » du chantier de l'Espace Nayel.

« Notre rôle, au tout début du chantier, consiste à construire dans le sol une paroi moulée sur le pourtour du bâtiment, explique-t-il. C'est elle qui contient la poussée exercée par le terrain pendant le terrassement, et rend possible la réalisation des sous-sols. » Titulaire d'un BTS de conduite des travaux, Vincent Baert insiste sur la technicité des opérations : des panneaux d'environ 7 m de longueur, 14 m de profondeur et 0,5 m de largeur sont creusés à l'aide d'une benne d'excavation, puis remplis de boue pour éviter tout éboulement.
Après y avoir glissé les ferraillages, on les remplit de béton depuis le fond jusqu'à la surface, ce qui fait remonter la boue qui est pompée au fur et à mesure.
« Une fois séchés, les panneaux réalisés séparément sont réunis par des joints étanches en une « boîte » d'environ 50 m sur 100 m, qui représente 2 650 m3 de béton, précise-t-il. Ce que j'aime dans ce travail ? Il y a à la fois de l'action et de la réflexion. Nous utilisons des machines de 80 tonnes, mais nous réfléchissons aussi avec le chef de chantier aux moyens techniques, humains, financiers nécessaires et à la planification des opérations.»

 

L'oeil de ... Stéphane Cuisset, Photographe

Stéphane Cuisset

L'esprit du projet de l'Espace Nayel me semble intéressant.

Au moment où on recherche l'efficacité à tout prix, l'utilité et le gain de temps, ce sera un lieu plutôt propice à en perdre. Il se prêtera en effet à la promenade, à la flânerie... D'un point de vue visuel, ce qui caractérise ce quartier de Lorient, c'est un aspect horizontal: contrairement aux centres-villes historiques,le tissu constructif n'estpas très dense, d'où une vue dégagée, l'impression d'un espace aéré, accentué par la perspective du quai des Indes et des bassins à flot. Bien intégré dans son contexte, le futur bâtiment ne devrait pas remettre en cause cette impression.
À quoi ressemblera-t-il ?
Le chantier, en tout cas, intrigue les passants, qui glissent souvent un oil entre les palissades... ce qui m'a donné l'idée de cette photo. Elle suggère qu'il se passe quelque chose, mais ce quelque chose est masqué, et seulement représenté par un crochet, qui descend du ciel...